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Quel est ce Dacia Sandrider qui a gagné le Paris-Dakar en 2026 ?

Le 17 janvier 2026, une silhouette rouge et blanche au look de concept-car a mis tout le monde d’accord au bout des pistes saoudiennes : le Dacia Sandrider vient d’offrir à la marque sa première victoire au Rallye Dakar, dès sa deuxième participation. Au volant, un habitué des sommets : Nasser Al-Attiyah, sacré pour la sixième fois sur l’épreuve, associé au copilote belge Fabian Lurquin, lui aussi couronné pour la première fois.

Crédit photo : Renault Group 2026

Le 17 janvier 2026, une silhouette rouge et blanche au look de concept-car a mis tout le monde d’accord au bout des pistes saoudiennes : le Dacia Sandrider vient d’offrir à la marque sa première victoire au Rallye Dakar, dès sa deuxième participation. Au volant, un habitué des sommets : Nasser Al-Attiyah, sacré pour la sixième fois sur l’épreuve, associé au copilote belge Fabian Lurquin, lui aussi couronné pour la première fois.

Derrière ce succès, il n’y a pas qu’un nom et un palmarès : il y a une machine pensée comme un outil, née d’une feuille blanche revendiquée, et développée à marche forcée avec un objectif assumé dès le départ : gagner l’“Everest du rallye-raid”.

Un programme plus qu’une voiture : la “méthode Sandrider”

Dans la transcription vidéo, François, présenté comme directeur marketing du programme, insiste sur un point : “avant d’être une voiture, c’est un programme”. L’idée, côté Dacia, n’est pas de faire un coup isolé mais de s’installer sur plusieurs saisons, en enchaînant les manches du championnat du monde FIA de rallye-raid, avec le Dakar comme sommet.

Le calendrier a été compressé au maximum : programme annoncé à l’été 2023, voiture révélée en janvier 2024, première course disputée (et gagnée) au Rallye du Maroc à l’automne 2024. Cette entrée en matière express est également documentée dans l’historique compétition du modèle.

Ce qui frappe, dans les coulisses racontées face caméra, c’est la manière dont le projet a été “tiré” par les usages : les pilotes sont invités très tôt au centre de design et on leur demande, littéralement, ce qu’ils veulent sur une voiture de dunes. La visibilité, l’accès immédiat aux roues de secours, la facilité d’intervention : autant de détails qui ne font pas la une des fiches techniques, mais qui font gagner des minutes — et parfois un Dakar.

La fiche d’identité : un prototype T1+ taillé pour encaisser

Le Sandrider évolue dans la catégorie reine Ultimate T1+. Sur le plan technique, Dacia a communiqué dès 2024 une configuration très claire : châssis tubulaire, carrosserie en fibre de carbone, transmission intégrale, boîte séquentielle 6 rapports, suspensions à double triangulation avec 350 mm de débattement, le tout chaussé en BFGoodrich de 37 pouces sur jantes de 17.

Sous la carrosserie, le choix est tout sauf anecdotique : un V6 3.0 biturbo Nissan (VR30), annoncé autour de 360 ch et 539 Nm, avec une zone rouge relativement basse — un parti pris cohérent pour un rallye-raid où le couple et la motricité comptent autant que la puissance.

Dans la vidéo, le créateur de contenu le rappelle en observant l’auto de près : “tout est fonctionnel”, “pas de superflu”. Et c’est peut-être là la philosophie qui colle le mieux à Dacia : faire simple, mais solide, dans un univers où chaque pièce est surdimensionnée parce que chaque choc peut coûter une course.

Une voiture dessinée par les besoins du désert

La partie la plus parlante de la transcription arrive quand François donne des exemples très concrets. Sébastien Loeb, explique-t-il, a demandé une visibilité maximale pour “lire” les dunes et leurs cassures. Résultat : un pare-brise très ouvert et une ligne de carrosserie abaissée qui permet de voir “très bas”, presque “sous la lame”.

Autre point : les crevaisons. Dans le rallye-raid, elles ne sont pas une possibilité, mais une certitude. Le Sandrider a donc été pensé pour accéder aux roues de secours sans démonter une multitude d’éléments : “clac, je descends, on change, on repart”. Dans un Dakar moderne où les écarts se comptent en minutes, la capacité à remettre une voiture en mouvement vite est un avantage aussi décisif qu’une pointe de vitesse.

Habitacle : ergonomie de course, survie en spéciale

La visite intérieure du véhicule, telle que décrite dans la vidéo, ressemble à l’inventaire d’un cockpit de compétition : écran digital, cartographies moteur supposées, commandes de nettoyage pare-brise, limiteur, tuyaux d’aération, extincteur, kit médical… et “beaucoup de boutons”. Lorsque Al-Attiyah présente lui-même certaines commandes, il ramène tout à l’essentiel : climatisation, gestion d’un pneu crevé, réglages utiles, surveillance des données. Le pilote le dit clairement : l’idée n’est pas de multiplier les manipulations, mais d’avoir sous la main ce qui sauve une étape.

Et puis il y a ce que la technique ne raconte pas : la sensation. En passager sur une boucle bosselée, le narrateur résume ce qui fait le mythe du Dakar : des trous, des crevasses, des sauts à des vitesses qui “mettraient une voiture normale en tonneau au premier virage”. Il parle d’une auto qui “garde tout le temps du grip”, d’un débattement de suspension “tellement important” que l’on a l’impression que les roues travaillent indépendamment du reste. L’exagération est celle de l’adrénaline, mais elle dit quelque chose de vrai : un rallye-raid se gagne aussi avec une voiture qui préserve ses occupants et son châssis sur des milliers de kilomètres.

Le carburant “durable” : une vitrine technologique assumée

Le programme Sandrider ne se contente pas de performance. Dacia met en avant un axe “mobilité bas carbone mais abordable”, et surtout des expérimentations autour de carburants alternatifs. Dans la transcription, François évoque un carburant durable et explique qu’au Dakar l’équipe a roulé avec une proportion importante de composants issus de biomasse. Sur la partie “carburant de synthèse”, la marque a aussi publiquement communiqué sur une alimentation via un carburant fourni en partenariat, dans une logique de réduction d’empreinte.

Le message est double : d’un côté, le Dakar reste un laboratoire extrême ; de l’autre, Dacia veut montrer qu’il n’existe pas une solution unique, mais un bouquet (GPL, hybrides, électriques, carburants alternatifs) — en gardant le cap “accessible”.

De 2025 à 2026 : la victoire comme aboutissement d’un apprentissage

Le communiqué de janvier 2025 que vous fournissez montre une équipe lucide avant son premier Dakar : malgré de bons débuts (avec un travail déjà focalisé sur la fiabilité et le refroidissement), Dacia répète le mot “humilité”. La course est décrite comme un enchaînement de pièges — “48h chrono”, étape marathon, zones volcaniques, dunes du Rub al Khali — où l’auto et les hommes sont poussés à bout.

Un an plus tard, le scénario a basculé : Dacia a publié le jour même de l’arrivée un communiqué officialisant la victoire du team. Et l’info est confirmée par plusieurs médias : Reuters parle d’un sixième titre pour Al-Attiyah et d’un premier succès historique pour Dacia.

Pourquoi ce Sandrider a gagné : une addition de détails “anti-Dakar”

On a souvent tendance à attribuer une victoire au seul talent d’un pilote. Al-Attiyah, bien sûr, sait gagner. Mais le Sandrider raconte autre chose : une voiture née d’une feuille blanche, développée vite, puis durcie par le terrain. Une philosophie de conception qui part des besoins (voir, réparer vite, tenir la chaleur, encaisser), et qui assume des choix techniques cohérents avec la discipline : gros débattement, 4x4, couple, pneus dimensionnés, ergonomie de survie.

Au Dakar, “ça se gagne sur la fiabilité”, dit François dans la vidéo. Le 17 janvier 2026, Dacia vient d’en faire une démonstration grandeur nature

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